Premier roman, première réussite. Bénédicte Taffin a du patienter pour obtenir le sésame de l’édition et qui plus est dans une maison des plus prestigieuses… Elle nous raconte l’histoire de son premier roman, Les Yeux d’Opale.
“Écrire un roman, c’est bien, mais le faire partager, c’est mieux. Chercher un éditeur pour mon livre, Les yeux d’Opale, fut une décision naturelle pour moi. J’avais apposé le mot “fin” depuis plusieurs mois sur le texte, fais relire à plusieurs amis et corrigé jusqu’à plus soif les quelques un million deux cent milles signes qui le composaient et, honnêtement, je ne pouvais plus voir ces mots, mes propres mots, en peinture. J’avais à présent besoin de savoir si ces lignes douloureusement écrites pourraient plaire à un professionnel de l’édition. Je me suis rendue au salon du livre de Paris, histoire de tâter le terrain, de voir quels éditeurs pourraient être intéressés par cet univers de Science Fiction et de Fantasy que j’avais bâti. Ce fut très instructif. Avec les informations récoltées en poche, j’ai envoyé mon manuscrit à cinq éditeurs et les deux premiers chapitres à un autre, par mail. Ce fut ce dernier qui me répondit “non” le premier. Je m’attendais à une longue attente, quand à peine trois semaines plus tard, j’eus la surprise de recevoir un coup de téléphone de Gilles Dumay de Lunes d’Encre chez Denoël. Ce que j’avais écrit lui plaisait, imaginez les battements de mon cœur, mais l’ensemble lui paraissait trop jeunesse pour sa collection. Il me demandait la permission de transmettre mon roman à Gallimard Jeunesse. J’apprenais par la même occasion que Gallimard Jeunesse et Denoël faisaient partie du même groupe. Bien sûr, je répondis “Oui !” et me préparais à nouveau à une longue attente. Deux semaines plus tard, mon téléphone sonna.
Gallimard Jeunesse à l’autre bout du fil me demandant si mon roman était toujours disponible pour l’édition. Un des membres de leur comité de lecture avait apprécié mon livre. On me précisa qu’il me faudrait attendre deux autres avis pour avoir une réponse définitive. Attendre… Cela me fit sourire et, persuadée d’obtenir une réponse rapide, je fis le pied de grue devant le téléphone. Six mois plus tard, n’ayant eu aucune nouvelle des maisons d’édition contactées, je pris le parti pris d’appeler. C’est là que j’appris que Les yeux d’Opale était refusé par Gallimard Jeunesse car trop adulte. Je n’avais pas reçu la lettre. La responsable des manuscrits en prenant connaissance des deux fiches de lecture dont j’avais demandé le contenu me proposa une troisième lecture. J’acceptais. Qu’avais-je à perdre ? Mon roman était de toutes manières refusé. Autant savoir comment l’améliorer et pour cela j’avais besoin du plus grand nombre de retours possibles. Quelques mois plus tard, de nouveau sans nouvelles, je rappelais. Mon roman avait reçu un nouveau excellent retour et était entre les mains de l’éditrice. Je devins fébrile. Deux mois supplémentaires passèrent, agrémentés de quelques coups de fil de ma part, et puis, un jour, la sonnerie du téléphone. Catherine Bon, l’éditrice de Gallimard Jeunesse, me parle en termes chaleureux de mon roman et, toujours persuadée qu’il va être refusé, j’attends le “mais…”. Il ne viendra jamais. Gallimard Jeunesse a décidé d’éditer Les yeux d’Opale. Je ne réalise qu’au moment de prendre rendez-vous et c’est avec des trémolos dans la voix que je raccroche, avant de sauter partout. Ça fait cet effet là quand votre rêve se réalise…”
Bio : Née dans le pays ch’ti, Bénédicte Taffin a dû s’expatrier vers les terres parisiennes pour y fonder une famille. L’esprit souvent dans la lune, c’est tout naturellement qu’elle s’est très tôt tournée vers la science-fiction. Son enfance fut ponctuée de voyages spatiaux, de combats intergalactiques, d’aliens à l’apparence et aux comportements étranges. Quand elle ne partait pas à la poursuite des Slans (AE Van Vogt), elle apprenait la psychohistoire dans le vaste monde de Fondation (Isaac Asimov). Très jeune, elle se sut affectée par le virus de l’écriture, noircissant des pages bien au-delà du coucher du soleil. Un jour de pluie diluvienne, elle découvrit Dune (Franck Herbert). Ce fut un choc dont elle ne se remit jamais. Les dragons de Pern (Anne McCaffrey) déployèrent alors leurs ailes pour l’emmener jusqu’à Ténébreuse (Marion Zimmer Bradley). C’est là qu’elle sut qu’elle avait une histoire à raconter. Installée au coin du feu, elle laissa le monde d’Opale lui dévoiler ses mystères. Un lunsdum en émergea bientôt et vint lui raconter ses aventures à l’oreille.
Le blog de l’auteur : http://benedictetaffin.blogspot.com/



